Quoi de neuf à Montmartre ? Mars 2025

Une boulangerie de quartier

Quand un commerce de bouche ferme, on est toujours inquiet de savoir ce qui va le remplacer. Bonne nouvelle à l’angle des rues Custine et Hermel puisque en lieu et place d’une boulangerie vieillissante et plutôt médiocre, c’est désormais Chamboule qui régale nos papilles. Ouvert début janvier “après 3 mois de nuits blanches”, le lieu à la déco rétro bistrot est plus grand (l’ancienne librairie Le Roi Lyre faisant désormais partie de l’espace), très lumineux et invite à faire une pause. A la tête du projet, Gary, qui après une première vie dans la finance, a décidé de se lancer dans la boulangerie. Le quartier, il le connaissait déjà un peu pour avoir eu des grands-parents habitant rue du Mont-Cenis, mais il le découvre vraiment aujourd’hui et il l’adore. En retour, nous on adore ce qu’il propose, depuis les pains traditionnels, les viennoiseries et l’offre snacking. La focaccia qu’on a goûtée pour déjeuner était simplement parfaite, et on a rarement entendu notre voisine parler d’un pain au chocolat avec autant d’émotion.

Où ? 54 rue Custine

Un resto afro-caribéen

Agnès est togolaise, Patrice est guadeloupéen. De cette union est né Homë, un restaurant afro-caribéen installé à la place de feu Sarté. Si la déco n’a pas sensiblement changé, la carte y est totalement différente, Agnès en cuisine préparant des plats aussi étonnants que détonnants à base de produits des Caraïbes et de produits de saison. La carte du midi change toutes les semaines, et lors de notre passage, on s’est vraiment régalées avec un grilled chese yassa velouté courge coco pikliz et un Fontainebleau mangue noix de cajou caramélisées complètement dingue. La carte du soir est encore plus propice à la découverte, avec plein de propositions à partager. Tout est fait maison, jusqu’aux rhums arrangés dont Patrice maîtrise tous les secrets, et même une recette sans alcool. Une très belle découverte de ce côté de la Butte.

Où ? 15 rue André Del Sarte

Un vrai resto montmartrois

Quand l’équipe d’une super adresse (La Boite aux Lettres rue Lepic pour ne pas la nommer) décide d’en ouvrir une seconde, on s’attend forcément à ce que ce soit au moins aussi bien. Bingo ! Le Caboulot, c’est tout ce qu’on aime à Montmartre : une vraie ambiance de bistro de quartier à l’ancienne avec ses banquettes rouges et son comptoir en zinc, une cuisine simple et savoureuse (oeufs mayo, saucisse à la moutarde et purée maison, filet de lieu noir sauce chimichurri, sans oublier le fameux pain perdu au caramel, dessert signature de La Boite Aux Lettres qu’on retrouve ici avec plaisir) et plein de têtes connues parce qu’on est voisins. Dès son ouverture, le restaurant affichait déjà presque complet midi et soir ; mieux vaut réserver.

Où ? 123 rue Caulaincourt

Une (très) bonne pizzeria

La pause déjeuner, c’est sacré. Et elle est encore meilleure, quand on tombe sur une adresse comme Giulia. Si l’ancienne pizzeria au n°16 ne faisait pas toujours l’unanimité, celle-ci est bien partie pour remporter tous les suffrages. La Margherita, qui, on le sait sert toujours de référence, est particulièrement savoureuse, la Regina gourmande, et la Formaggi… à tomber ! On vous dira même que c’est la meilleure qu’il nous ait été donné de déguster depuis longtemps. La pâte est divine, les produits sélectionnés avec un grand soin, et ça se sent. On n’y est pas encore tout à fait niveau déco, mais Abdel et Roxanne, les patrons, ont bien l’intention de s’y coller très vite. En attendant, c’est un super bon plan dans tous les sens du terme, puisque Giulia propose toutes les pizzas à emporter entre 12h et 15h pour 10€ ! Pour la petite histoire, le nom du restaurant est un clin d’œil à Julie de la cantine voisine « Berchoux » qui est une amie d’Abdel depuis 20 ans. Viva Giulia !

Où ? 18 rue de la Fontaine du But

Une trattoria comme là-bas

Il souffle décidément un vent d’Italie sur la rue de la Fontaine du But. Après les pizzas de Giulia, c’est la pasta de Bistrotto qui a conquis nos estomacs. Ouvert en février à la place du restaurant L’escalier, Bistrotto propose un menu simple et efficace à base de plats typiquement italiens. Dans nos assiettes, les gnocchi alla romana nous ont rappelé ceux de notre grand-mère italienne, et la pasta al ragù était impeccable. On n’avait plus de place pour le dessert ; dommage car le tiramisu et la panacotta nous faisaient vraiment de l’œil ! Une fois n’est pas coutume, on a testé le restaurant un soir, mais le midi, Bistrotto propose une formule à 12€ incluant un plat de pâtes Sugo et un dessert. Bon à savoir également, en plus des pâtes à la carte, une recette différente est proposée chaque jour.

Où ? 6 rue de la Fontaine du But

Un coffee-shop gourmand

On était passées complètement à côté de ce nouveau coffee shop ouvert l’été dernier rue d’Orsel côté Marché Saint-Pierre. Pour être complètement honnêtes, on pensait être tombées sur une énième adresse pour touristes et on ne s’attendait pas du tout à manger aussi bien. L’adresse est en fait la 3e de l’Inform Café après celle de la rue des Acacias et de la rue Georges Berger dans le 17e, et franchement, ça vaut le coup car les propositions sont plutôt originales pour un lieu “brunch all day long”. Nos trois buns (avocat/oeuf/cheddar, pastrami/pickles/cheddar et poulet shawarma/tzatziki/pickles) étaient vraiment délicieux, le cheesecake absolument parfait, et l’hokkaido chocolat assez incroyable. Petit bémol : les prix, dans cette partie de la rue, (d)étonnent un peu voire beaucoup (3€ l’espresso, à partir de 13,50€ le bun et 5,5€ la part de cheesecake), mais c’est vraiment très bon.

Où ? 27 rue d’Orsel

Un brunch ultra instagrammable

Si vous aimez les brunchs soignés dans les moindres détails, cette adresse risque de vous plaire. Aux commandes, Laura, qui n’en est pas à son coup d’essai : après trois autres adresses parisiennes, elle signe ici un lieu parfaitement calibré pour régaler aussi bien les papilles que les yeux. On y retrouve des assiettes ultra gourmandes et bien pensées. Coup de cœur pour le Honey Toast, une brioche croustillante nappée de miel et surmontée d’une crème fondante (on ne s’en est pas encore remises !). Côté salé, le Sides of love nous a beaucoup plu, et le Salty Mood, sa gaufre, son poulet croustillant, accompagné d’avocat et de sirop d’érable fumé fonctionne à merveille. Avec sa déco léchée et son ambiance feutrée, le lieu coche toutes les cases du spot instagrammable. Peut-être un peu trop ? Tout est beau, tout est bon, mais on aurait presque envie d’un peu plus de spontanéité. Ajoutez à cela des prix assez élevés, et on est sur une expérience à savourer… en toute conscience.

Où ? 93 rue des Martyrs

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Un comedy club de bleu vêtu

Il y a quelques mois maintenant, en juillet 2024, on apprenait, non sans tristesse, la fermeture du cabaret Michou qui emportait avec lui, ses Michettes, son bleu, et son mythe. Alors quand la nouvelle du rachat par Gad Elmaleh et la réouverture prochaine a commencé à se répandre, il n’en fallut guère plus pour attiser notre curiosité. Et nous voilà, en mars 2025, rue des Martyrs, face à cette devanture (trop) longtemps éteinte, à admirer ses lumières et couleurs retrouvées, et bien sûr, son public. Ouf, l’humoriste en a fait quelque chose de bien. Vraiment bien. On y a passé une super soirée, plongées dans un décor inchangé et une atmosphère sans égal ; on a contemplé le mythique wall of fame exposant Michou aux bras des plus grandes stars, avant de rire et d’applaudir, une poignée de stand uppers, qui se sont montrés vraiment à la hauteur de cette petite salle qui n’accueille définitivement que des grands moments. The Mi-show must go on !

Où ? 80 rue des Martyrs

Un atelier de céramique

Ouvert en septembre 2024, l’atelier de céramique de Diane Arrata est un véritable cocon en bas de la rue Eugène Carrière. Donnant sur une jolie petite cour intérieure, le lieu est à la fois accueillant et inspirant. Diane y propose des cours de modelage et de tournage au trimestre, ainsi que des initiations le week-end et des stages pour les enfants durant les vacances scolaires qui remportent un franc succès. En-dehors des cours, la jeune femme y crée des collections inspirées par la Méditerranée qui nous ont donné immédiatement des envies de burrata et d’huile d’olive.

Où ? 53 rue Eugène Carrière

Un showcoworkingroom déco

C’est un concept résolument étonnant et innovant que celui-ci, à la fois showroom et espace de coworking. Insidy, c’est d’abord est un collectif d’architectes et de décorateurs. Grâce à cet espace dédié aux métiers créatifs et du design, on peut à la fois découvrir des matériaux, des catalogues fournisseurs ainsi que des meubles, luminaires et objets déco à la vente, tout en buvant un café comme à la maison. Côté coworking, des bureaux dédiés ou en flex office sont proposés à la journée ou au mois, avec accès illimité au wifi, espace de réunion, cabine acoustique et thé/café/snacks à volonté. Ouvert en décembre à deux pas de Jules Joffrin, il est également prévu qu’y soient organisés ateliers et autres événements ; un lieu vraiment à suivre.

Où ? 7 rue Trétaigne

Un club de boxe française

Matthieu est un mordu de boxe française, et en bon Montmartrois, lorsque le club dans lequel il pratiquait, rue André Antoine, s’est apprêté à fermer, il y a vu une opportunité de s’intégrer pleinement à la vie de son quartier. Ni une, ni deux, il s’est empressé de proposer à deux de ses profs, de fonder leur propre club qui resterait dans ce lieu magnifique ; parce que non, ce n’est pas donné à tout le monde de boxer dans une crypte ! Et grâce à un travail acharné de communication, Matthieu désormais président du Savate Montmartre Boxe Française, accompagné de Morgane et Christophe, a vu s’inscrire anciens élèves et nouvelles têtes par dizaines. Nous, on n’a pas encore enfilé nos chaussures et nos gants, mais on doit dire que Matthieu a su nous donner vraiment envie de s’y essayer (d’autant que dans la boxe française, les femmes représentent + de 40% des adhérent.es). On se donne rendez-vous, un lundi soir, pour un cours d’essai ?

Où ? 22 rue André Antoine

Un atelier d’artisanat d’art

Depuis quelques semaines déjà, un nouvel atelier rue Durantin avait attiré notre attention. Passée la porte de cette grande vitrine, on est chaleureusement accueilli par Sophie et Peggy, deux encadreuses d’art passionnées. Après une reconversion professionnelle et un CAP, elles exerçaient déjà dans des ateliers avant de sauter le pas et de créer leur propre espace. Pour Sophie, habitante du quartier depuis 20 ans, Montmartre était une évidence. Peggy, tout aussi conquise, l’a suivie avec enthousiasme, elles ont rapidement trouvé un local – à croire que c’était écrit – et le bouche-à-oreille a fait le reste : « C’est le principe de Montmartre » ! Alors si vous avez des photos, des peintures, des illustrations, des affiches à encadrer, tout y sera fait sur-mesure : du choix des baguettes au passe-partout, en passant par la couleur, la taille, le type de verre… Le savoir-faire du duo séduit et offrira un écrin unique à vos œuvres. À découvrir !

Où ? 28 rue Durantin

Un shop seconde-main spécial kids

C’est au 110 de la rue Caulaincourt, que la boutique Alatone, entièrement consacrée aux enfants a ouvert dernièrement, pour le plus grand plaisir des parents fans de fripe. Ici, une seule ambition : rendre la seconde main encore plus accessible, grâce à un prix unique par catégorie de vêtements et donc des tarifs qui ne varient pas selon la marque ou la matière. Vous y dénicherez pour vos kids, une sélection vraiment variée allant des salopettes aux gigoteuses, des chaussures aux vareuses bretonnes et même des tenues de ski et d’irrésistibles vestes de sport tout droit venues des 90’s… De vraies pépites vintage à dénicher ! Il est bon de noter que ce n’est pas un dépôt-vente, car le groupe Alatone sélectionne lui-même les vêtements qu’il revend. Un choix assumé qui permet de proposer à la fois du vintage et des pièces plus récentes. Et nous, on a déjà craqué pour des petites pièces printanières qu’il nous tarde d’offrir, et on peut vous assurer que les conseils avisés d’Aïcha y sont pour beaucoup !

Où ? 110 rue Caulaincourt

Un soin énergétique

On connaissait déjà le lieu au 27 rue Durantin pour y avoir testé un drainage lymphatique en juillet dernier. Nora Murena partage désormais l’espace avec Caroline Marie pour proposer des soins énergétiques. L’idée : libérer les tensions accumulées, faire circuler les énergies pour retrouver une aura positive, et maintenir un état de bien-être général. Nora travaille également sur les mémoires transgénérationnelles qui peuvent parfois créer des blocages, des tensions, voire des maladies. L’expérience est étonnante, car sans qu’il y ait aucun toucher, on perçoit clairement des sensations inattendues : chaud, froid, couleurs… Nora nous explique ensuite ce qu’elle a ressenti, ce sur quoi elle a travaillé, et en sortant, on se sent, en effet, étonnamment bien et apaisé. La jeune femme reçoit rue Durantin le dimanche, et c’est absolument parfait pour terminer le week-end en beauté.

Où ? 27 rue Durantin

Une modiste d’exception

Montmartroise depuis plus de 20 ans, Alexandra Chamaillard travaillait chez elle mais cherchait depuis quelque temps un local avec pignon sur rue pour pouvoir se rapprocher de sa clientèle de particuliers. C’est désormais chose faire puisque depuis quelques mois, elle occupe le local du 39 rue Durantin, où l’on peut découvrir son travail. Elle y crée des chapeaux d’exception sur-mesure pour particuliers ou professionnels. Forte de 18 années de collaboration avec Jean-Paul Gaultier, elle enseigne également au Lycée des métiers d’art Octave Feuillet et a reçu le titre de meilleur ouvrier de France en 2015. Tous ses chapeaux sont des pièces uniques, fabriqués entièrement à la main souvent à base de matières anciennes qu’elle chine à droite à gauche. Qu’il s’agisse d’un chapeau de ville ou pour une grande occasion, les créations d’Alexandra se distinguent par leur élégance et leur singularité.

Où ? 39 rue Durantin

Un concept-store vintage

Les pop-ups se succèdent au 8 rue des Abbesses, mais celui-ci est bien parti pour durer. Carmin Vintage, c’est, comme son nom l’indique, une caverne aux trésors pour les amoureux du vintage. Toutes les pièces, soigneusement chinées en France mais aussi beaucoup à l’étranger, composent un vestiaire original où l’on retrouve aussi bien des grandes marques que d’autres moins connues. Derrière cette sélection unique se cache un collectif de spécialistes du vintage : Brick et Brackerie ainsi que Tumulte, qui apportent leur vision audacieuse du style, tandis que les pièces masculines sont sourcées par Insolent. Attention, il ne s’agit pas d’une friperie, les prix sont donc en conséquence. Une jolie sélection de bijoux contemporains vient compléter l’offre. Carmin Vintage est ouvert tous les jours jusqu’en août, peut-être plus si affinités.

Où ? 8 rue des Abbesses

Un temple du bitcoin

C’est complètement par hasard qu’on est tombé sur cette drôle de boutique en remontant la rue Eugène Carrière. Comme son nom l’indique, Bitcoin Bazar est un magasin entièrement dédié à l’apprentissage du bitcoin et à son utilisation. On y trouve tout un tas de goodies en rapport avec l’univers bitcoin, mais aussi des livres et du matériel qui permet d’utiliser bitcoin en toute sécurité voire de miner, c’est-à-dire de valider des transactions bitcoins et d’en créer de nouveaux. Il s’agit d’une des rares boutiques physiques entièrement dédiée à cet univers en France, et à notre connaissance la seule à Paris. Le gérant est un véritable passionné qui maîtrise parfaitement son sujet ; avis aux amateurs.

Où ? 27 rue Eugène Carrière

Un hôtel design et “spectaculaire”

Lové entre le Trianon et l’Elysée Montmartre, l’hôtel imaginé par les propriétaires des deux salles voisines a tout pour plaire. Dès l’entrée, on est conquis par un grand lobby tout de bois vêtu, à l’image du reste de l’établissement qui fait la part belle aux matières et aux couleurs naturelles. Tandis qu’un couloir nous mène vers une salle de home cinéma que les clients peuvent occuper lors de leur séjour, on remarque immédiatement l’espace adjacent réservé aux enfants, équipé de tout plein de jeux qui raniment en nous le syndrome de Peter Pan. Les 14 chambres, dont quatre duplex, rivalisent de charme et d’élégance avec leurs meubles en bois d’eucalyptus, témoins de la démarche éco-responsable des créateurs. Bref, c’est vraiment, mais vraiment très beau ; rien d’étonnant à ce que l’hôtel ait remporté le prix Building Of The Year d’ArchDaily 2025 dans la catégorie hospitalité. Et si vous êtes sympa, l’équipe pourra peut-être même vous faire découvrir les coulisses du Trianon.

Où ? 78 boulevard de Rochechouart